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Blues saisonnier : mieux traverser l’hiver
Chaque hiver laisse des repères. Apprenez à reconnaître ce qui vous fragilise et ce qui vous aide pour mieux préparer le suivant.
L'essentiel en 3 points :
- L’illusion : croire qu’il suffit de se motiver davantage, ou d’appliquer les mêmes conseils à tout le monde, pour bien traverser le blues saisonnier.
- La réalité : chacun réagit différemment à ce même aléa, et certaines baisses de moral méritent une attention médicale plutôt qu’une simple discipline de volonté.
- La décision : utiliser ce que les hivers précédents vous ont appris pour préparer le suivant.
Chaque hiver ne ressemble pas au précédent. Pourtant, les saisons qui reviennent permettent d’observer, année après année, ce qui modifie réellement votre énergie, votre rythme ou votre moral.
L’arrivée de l’automne ou de l’hiver peut ainsi constituer un aléa récurrent dans votre parcours : un changement extérieur, prévisible dans son retour, mais dont les effets varient selon les personnes et selon les années.
Sa particularité tient précisément à cette répétition.
Entre les jours qui raccourcissent, les températures qui baissent, le passage à l’heure d’hiver, l’activité « jardin » en repos, etc… Contrairement à un imprévu qui surgit une seule fois, l’automne et l’hiver reviennent chaque année, ce qui permet d’observer, saison après saison, ce qui se passe réellement chez soi.

Blues saisonnier ou trouble affectif saisonnier (TAS) : une différence à connaître
Malgré le consensus médical sur le sujet, aucun organisme français (Santé publique France, INSERM) ne publie à ce jour de statistiques nationales dédiées ; Les chiffres donnés restent des estimations internationales, à prendre comme des ordres de grandeur plutôt que des données précises.
Le blues saisonnier
Le blues saisonnier (à l’automne – hiver) désigne une baisse temporaire d’énergie ou de motivation, liée au changement de saison.
Il n’empêche pas de poursuivre sa vie habituelle. on note une envie de ralentir, de rester davantage chez soi, une fatigue plus marquée en fin de journée.
Le Trouble Affectif Saisonnier
Le TAS est une dépression saisonnière est un trouble dépressif à caractère saisonnier récurrent plus sévère, entrainant un trouble de l’humeur qui apparaît généralement en automne et disparaît au printemps.
le Trouble Affectif Saisonnier touche environ 1 à 2 % de la population dans les régions tempérées (source). Cette pathologie touche 4 fois plus de femmes que d’hommes.
Les principaux symptômes rapportés sont :
- une irritabilité avec une baisse de confiance en soi
- un niveau d’énergie anormalement bas avec un sentiment de fatigue intense tout au long de la journée
- une hypersomnie avec une difficulté à se réveiller.
- un appétit prononcé pour certains sucres ou aliment gras
- Sans autre facteur psychosocial déclencheur (comme un stress au travail)
Lorsque la tristesse, la fatigue ou la perte d’intérêt deviennent durables, perturbent la vie quotidienne, ou s’accompagnent de pensées suicidaires, une consultation médicale devient nécessaire.
En cas de pensées suicidaires, contacter immédiatement un médecin, le 3114 (numéro national de prévention du suicide)

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Des ressources à tester, plutôt qu’une méthode universelle
Aucune de ces pistes ne fonctionne de la même façon pour tout le monde.
Elles se testent, se gardent si elles aident réellement, et s’abandonnent sinon.
Retrouver un rythme
Maintenir des horaires réguliers et conserver quelques repères fixes (un rendez-vous hebdomadaire, une activité récurrente) aide souvent davantage qu’une grande résolution ponctuelle.
Garder le contact avec la lumière et l’extérieur
« Il n’y a pas de mauvais temps,
il n’y a que de mauvais vêtements ! »Proverbe suédois
Une sortie régulière, même courte, peut permettre un ressourcement bienfaiteur.
Non seulement vous bénéficierez de l’exposition à la lumière naturelle, cruciale pour réguler votre rythme circadien, mais vous stimulerez également la production d’endorphines, les hormones du bien-être.
Avec le temps, vous pourrez aussi observer quelle durée et quel rythme vous conviennent réellement.
Balades en nature
L’automne offre un spectacle naturel unique avec ses couleurs flamboyantes. Profitez-en pour faire des promenades dans les parcs ou les forêts proches de chez vous.
💡 Petit conseil sécurité : renseignez-vous sur les zones de chasse locales auprès de votre fédération départementale de chasse.

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Le « bain de forêt »
Pratique originaire du Japon que l’on appelle shinrin-yoku qui consiste simplement à passer du temps en forêt.
C’est une expérience méditative où l’on prend le temps d’observer les détails de la nature en utilisant tous nos sens pour s’immerger dans l’environnement naturel :
- le bruissement des feuilles,
- l’odeur de la mousse humide,
- la texture d’une écorce,
- la lumière filtrée à travers les branches.
En respirant profondément l’air pur chargé de phytoncides, composés organiques émis par les arbres, le corps et l’esprit se relâchent, et vous ressentirez un sentiment d’apaisement.
Cueillette de fruits et légumes de saison
L’automne est la saison idéale pour la cueillette. Renseignez-vous sur les fermes locales qui proposent cette activité. C’est une excellente occasion de passer du temps en plein air, de faire de l’exercice doux et de ramener des produits frais pour vos recettes d’automne.

C’est l’opportunité de se reconnecter au cycle des saisons. Avec un guide, vous pouvez essayer la collecte de feuilles fraiches pour concocter des salades sauvages ou ramasser des champignons.
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Transformer son environnement
Lorsqu’on passe davantage de temps chez soi, l’espace de vie prend une place plus importante dans le quotidien. Quelques ajustements simples suffisent :
La lumière
L’exposition à la lumière naturelle joue un rôle important dans la régulation du rythme veille-sommeil. commencez par exploiter au mieux la lumière disponible :
- dégager les fenêtres de votre logement de tout obstacle,
- ouvrir largement vos rideaux dès le matin.
La luminothérapie constitue également une piste utilisée dans certains cas de trouble affectif saisonnier.
Son utilisation mérite l’avis d’un professionnel de santé, en particulier en cas de problème oculaire ou de traitement médical. (source).
Mettez de la couleur
Les tons orangés, rouges et dorés évoquent la chaleur et la convivialité, contrastant avec la fraîcheur extérieure.

Ajoutez des plaids douillets et des coussins aux couleurs automnales et hivernales sur votre canapé.
Vous pouvez également ajouter quelques touches colorées dans votre garde-robe. Optez pour des écharpes ou des hauts dans des teintes chaudes.
Créez un coin détente
Cet espace deviendra votre refuge pour les moments de calme et de réflexion.

Choisissez un coin lumineux et installez un fauteuil confortable, une petite table basse pour y poser un livre ou une tasse de thé, et une lampe de lecture.
Intégrer des éléments qui stimulent vos sens de manière positive : quelques livres, un appareil pour écouter de la musique douce.
Ambiance sonore
Créez des playlists de musique douce ou de sons de la nature. Le bruit des vagues ou le crépitement d’un feu de cheminée peuvent être particulièrement réconfortants en cette saison.
Préserver les liens et les projets
Le temps maussade ne doit pas être l’excuse du repli sur soi et de l’isolement. Au contraire, c’est l’occasion de renforcer les liens existants et d’en créer de nouveaux.
Participer aux activités de groupe
Pourquoi ne pas mettre à jour votre « bucket list« . Engagez vous dans de nouvelles activités qui vous permettra de rencontrer des personnes partageant vos passions :
- Recherchez des clubs locaux qui correspondent à vos intérêts.
- Rejoindre un groupe artistique pour exprimer votre créativité
Utiliser la technologie pour rester connecté
La technologie offre de nombreuses possibilités pour garder un fil social et intellectuel qui s’effiloche facilement en hiver.
- Faites des appels vidéo qui donnent l’impression d’être plus proche malgré la distance.
- Explorez les webinaires sur des sujets variés
- Inscrivez-vous à des cours en ligne

Prendre en compte sa santé globale
Une fatigue inhabituelle mérite parfois d’être regardée au-delà de la saison.
Une carence, un trouble du sommeil ou une autre cause médicale peuvent contribuer à une baisse d’énergie persistante.
Un professionnel de santé peut déterminer si un bilan ou une supplémentation sont pertinents dans votre situation.
Quand un aléa revient : transformer les hivers précédents en repères
Tous les aléas ne surgissent pas une seule fois. Certains reviennent.
C’est le cas des saisons et, pour certaines personnes, de la baisse d’énergie ou de moral qui les accompagne.
Cette répétition crée une possibilité particulière : comparer son expérience.
D’une année à l’autre :
- certains signes reviennent,
- d’autres disparaissent,
- et les solutions qui semblaient efficaces peuvent confirmer leur utilité ou perdre de leur pertinence.
Un hiver difficile peut alors laisser autre chose qu’un mauvais souvenir. Il peut laisser des repères :
- le moment où la fatigue apparaît,
- les premiers signes de repli,
- les habitudes qui aggravent la situation
- et celles qui permettent de retrouver un équilibre.
Quelques questions aident à les faire remonter :
- À quel moment votre énergie commence-t-elle généralement à diminuer ?
- Quels signes annoncent, chez vous, une baisse de moral ?
- Qu’est-ce qui vous a réellement aidé les années précédentes ?
- Quelles habitudes ont aggravé votre repli ?
- Que pouvez-vous préparer avant la prochaine période plus difficile ?
L’objectif n’est pas d’appliquer une méthode universelle, mais de construire progressivement son propre mode d’ajustement. (Sur cette idée d’ajustement progressif, voir aussi : Comment s’adapter au changement avec sagesse.)
De l’aléa au patrimoine d’expérience
Un aléa ne devient pas automatiquement une ressource. C’est ce que l’on en observe, comprend, retient et réutilise qui transforme une expérience traversée en patrimoine d’expérience.
Vous avez peut-être déjà vécu plusieurs hivers difficiles. Leur répétition a pu vous apprendre :
- ce qui vous fragilise,
- ce qui vous soutient,
- les personnes vers qui vous tourner et le moment où demander de l’aide.
L’hiver suivant reste un aléa. Mais vous ne le traversez plus tout à fait pour la première fois : vous arrivez avec les repères accumulés lors des précédents.
Conclusion : préparer le prochain hiver avec ce que vous avez appris
L’automne et l’hiver ne produisent pas les mêmes effets chez tout le monde.
- Pour certains, ils représentent un ralentissement bienvenu.
- Pour d’autres, ils constituent une période plus difficile, marquée par une baisse d’énergie ou de moral, qui mérite parfois l’attention d’un professionnel de santé.
Les hivers précédents peuvent ainsi devenir autre chose que des périodes simplement subies. Ce que vous avez observé, testé et compris peut constituer une ressource pour la saison suivante.
L’aléa revient. Votre expérience s’accumule. Et lorsque cette expérience devient consciente et mobilisable, elle enrichit votre patrimoine d’expérience.
Foire aux questions : blues saisonnier ou dépression hivernale
Comment distinguer un simple coup de blues d'un trouble affectif saisonnier ?
La durée et l’intensité font la différence.
Un blues saisonnier reste léger et n’empêche pas de mener sa vie habituelle.
Un trouble affectif saisonnier s’installe durablement, perturbe réellement le quotidien, et mérite d’être évalué par un médecin.
Le blues saisonnier peut-il vraiment être considéré comme un patrimoine d'expérience, au même titre qu'une épreuve plus lourde ?
Oui, par le même mécanisme, même si l’intensité diffère. Ce n’est pas la gravité d’un aléa qui construit un patrimoine d’expérience, mais ce qu’on en observe, comprend et réutilise. Un hiver simplement compris apporte autant de repères, à son échelle, qu’une épreuve plus marquante traitée de la même façon.
Faut-il avoir vécu plusieurs hivers difficiles pour commencer à en tirer des enseignements ?
Non. Un seul hiver observé attentivement peut déjà livrer des repères utiles. La répétition affine cette connaissance et permet de vérifier si un signe ou une solution se confirme d’une année à l’autre, mais elle n’est pas une condition pour commencer à noter ce que l’on remarque.
Le blues saisonnier revient-il chaque année de la même façon ?
Pas nécessairement. Son intensité peut varier d’une année à l’autre selon le contexte de vie, la charge de travail ou les événements traversés. Ce qui reste souvent stable, en revanche, ce sont les signes précurseurs propres à chaque personne, une fois qu’on a appris à les repérer.
À partir de quand faut-il consulter un professionnel de santé ?
Dès que la tristesse, la fatigue ou la perte d’intérêt durent plusieurs semaines, perturbent la vie quotidienne, ou s’accompagnent de pensées suicidaires.
Dans ce dernier cas, contacter immédiatement un médecin ou le 3114 reste la priorité.
Et si votre expérience disparaissait ?
Des années de savoirs, de réflexes et de capacités peuvent rester invisibles, être sous-estimées ou partir avec une personne.
Téléchargez votre Carnet du Patrimoine d’Expérience afin de :
- Identifier ce que le temps a construit pour vous appuyer sur des ressources que vous possédez déjà.
- Cartographier vos savoirs et capacités pour les rendre visibles et mobilisables.
- Préserver et transmettre ce qui a de la valeur pour éviter que l’expérience se perde.





